V I T R A U X   E T   P A T C H W O R K S


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        En 1956, Madeleine Novarina reçut la commande de seize vitraux pour l'église de Vieugy (Haute-Savoie), en cours de restauration. Elle décida d’utiliser le matériau moderne de la dalle de verre avec une armature en ciment armé qui n’avait été utilisé jusque là que par quatre peintres, notamment Fernand Léger en 1951 et Manessier en 1952. Madeleine Novarina commença par s'initier dans l'atelier du verrier Jean Barillet à la technique de la composition en dalles de verre. Elle choisit pour l'église Saint-Martin de Vieugy un programme mi-figuratif, mi-abstrait. Elle devint ainsi, à 32 ans, la première femme dans l’histoire de l’art à avoir réalisé tous les vitraux d'une église en un style absolument moderne. De 1957 à 1959, elle réalisa des vitraux dans des  églises à Marignier, Villeparisis, Annecy et Thonon-les-bains.

Maquettes des vitraux mi-figuratifs mi-abstraits de l’église de Vieugy (Haute-Savoie), 1956

Basilique de Thonon-les-Bains : un vitrail de Madeleine Novarina, réalisé en 1959

(Cliché : Ray-Delvert)

Eglise de Marignier (Haute-Savoie) : six vitraux de Madeleine Novarina réalisés en 1957

Eglise de Vieugy (Haute-Savoie)

16 vitraux de Madeleine Novarina, réalisés en 1956

Eglise Saint-Maurice d’Annecy (Haute-Savoie)

Eglise Notre-Dame de la Paix à Villeparisis (Seine-et-Marne), 1958

Architecte : Maurice Novarina

En 1958, son frère Maurice Novarina construit l’église de Villeparisis et lui demande de réaliser des vitraux. Elle crée des cartons inspirés de l'art héraldique, afin de former, en dalles de verre, des écussons de lumière, des blasons mystiques. Finalement ces maquettes ne seront pas réalisées, et la création des vitraux de cette églises sera confiée aux ateliers Jacques Loire.

Saint François de Sales pêcheur d’homme

Maquette et vitrail « en carte à jouer »

basilique de Thonon, 1959

Patchworks

Le cirque

        Après quatre ans de travail sur des vitraux, la peinture de Madeleine Novarina se transforme. Elle cesse de faire des gouaches et se met à la peinture à l'huile. Elle se lance dans des tableaux qu'elle appelle des « Patchworks », en concordance avec ses maquettes mi abstraites, mi figuratives. Il s’agit de peintures à l'huile dont le fond est constitué de taches géométriques de couleurs différentes, réunies comme les morceaux de verre d'un vitrail abstrait. Le patchwork est toujours complété par une calligraphie : un trait noir, avec des pleins et des déliés, y décrit soit une tête de femme, soit une maternité, soit un ustensile, soit une scène d'intimité, soit un animal.

Madelonnettes

La série des «Madelonnettes» fait référence à un terme dont elle avait appris la signification par Sarane Alexandrian : Sainte Madeleine étant la patronne des prostituées repenties, on avait appelé Madelonnettes, dès le XVe siècle, à la fois les pécheresses terminant leur vie dans un couvent et les religieuses qui les hébergeaient. Certaines gardent sur leur visage fardé des marques de leur vie de débauche (Madelonnette aux cheveux verts, Madelonnette à la joue bleue, Madelonnette éplorée, etc.); d'autres sont des débutantes, à l'air innocent (Madelonnette au doigt dans la bouche, Madelonnette pensive, Madelonnette faisant une œillade, etc.). Madeleine Novarina était d'autant plus disposée à peindre des Madelonnettes qu'en ce temps là il y avait un hôtel de passe au bout de la rue du Débarcadère où elle habitait avec Sarane Alexandrian, que parcouraient chaque jour une dizaine de péripatéticiennes en attente du client, qui la saluaient lorsqu'elle sortait de son immeuble. Elle s'amusait à les observer et leur avait donné toutes sortes de sobriquets.


Madeleine Novarina, par Sarane Alexandrian, Les éditions de l’Amateur, Paris, 1992, p. 117

« Certains de ses tableaux (le Colloque des ustensiles, l'Union du flacon et de la planche à pain, etc.) se référaient à des ustensiles de la maison ⎯ pichets, cafetière, verres, bougeoir, hachoir, etc. ⎯ et elle prétendait qu'ils exprimaient son "ustentialisme". Je lui objectai qu'il faudrait dire "ustensilisme", mais elle maintint son néologisme en m'expliquant : "Non, je dis unstentialisme par analogie avec l'existentialisme. L'existence asservit les femmes aux ustensiles de ménages et c'est ma révolte contre cette condition que je mets dans ces tableaux." »


Autour du lieu, Éditions Librairie Galerie Racine, Paris, 2008, préface de Sarane Alexandrian

En 1958, Madeleine Novarina et Sarane Alexandrian ont assisté à une  représentation d'un cirque ambulant, dont le patron, sa femme, ses deux enfants, sa belle-sœur et trois animaux formaient tout le spectacle. Pendant deux ans, sans doute sous cette impression initiale, Madeleine Novarina dessina des images de cirque : Jongleurs, contorsionnistes, clowns, musiciens, dresseurs d'animaux, etc.

Monsieur Soleil et madame Lune, huile sur toile, 1964

Collection Christophe Dauphin

Ustentialisme

Église Saint-Maurice d’Annecy

Eglise de Marignier

Eglise de Villeparisis

Basilique de Thonon-les-bains

Eglises de Vieugy, Saint-Maurice d’Annecy, Marignier, Villeparisis, Basilique de Thonon-les-bains,

Patchworks, Madelonnettes, Ustentialisme, Cirque

Eglise de Vieugy

Maquette du vitrail des fonts baptismaux de l’église de Marignier (Haute-Savoie), 1957

IMEC/Fonds Alexandrian

Femme à la tête ovoïde

La plus sage des vierges folles,

collection Anne et André Mérola

Un des deux vitraux en totems de l’église de Marignier (Haute-Savoie) et sa maquette, 1957

IMEC/Fonds Alexandrian

Maquette des vitraux «en écusson de lumière» pour l’église Notre-Dame de la Paix, 1958 (non réalisés)

Les deux vitraux de la chapelle funéraire

de l’église Saint-Maurice d’Annecy.

Pschtt ! ou la mystérieuse, 1962

La joueuse de mandoline, 1962

La buveuse d’oubli, 1962

L’Union du flacon et de la planche à pain, 1963

Maternité cannibale, 1964

Le colloque des ustensiles, 1966

La nature morte qui ressuscite

1966

Madelonnette rêvant à l’avenir, 1964

Madelonnette éplorée, 1965

Madelonnette à la joue bleue, 1966

La Chat part, 1966

Le Guitariste, 1967

La Reine mère, 1970

La Boudeuse nue, 1970

La Féministe en action, 1971

Le Papillon des jours heureux

1965

Tope-là, ou la femme résolue, 1960

Collection Christophe Dauphin

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La Première des Madelonnettes

1961

Souvenir d’un village de

montagne, 1961

La pensive, 1963

Dialogues
de clowns, 1962
 

Femme se couvrant la bouche

1954

Le Coq glorieux

Les Bons amis, 1967

Mère dorlotant son enfant

Les retrouvailles, 1964

Une amie de la nature

L’Assoupie

Salut à tous

Nu serpentin

Nature morte à la pomme

1962

Le Rouge à la joue

Le Poisson bien-aimé

Musée du Chablais, Thonon-les-Bains (Haute-Savoie)

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Reportage sur les vitraux de l’église de Vieugy, diffusé sut TV8 Mont-Blanc, dans le magazine SeynodMag du 18/03/2016

Réalisation : Julie Daubié